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Coudre du softshell

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Coudre un manteau a été l’occasion de travailler des matières, que je n’osais pas utiliser jusqu’à présent. Le softshell fut certainement l’élément sur lequel je me suis le plus interrogée lors de ce projet.  J’ai donc eu envie de partager par ici mon expérience sur la couture de cette matière.

Comme indiqué lors de mon précédent article, le softshell est un tissu avec une face hydrofuge sur l’extérieur et une face polaire sur l’envers. Il ne marque pas les plis et est résistant aux salissures. Ce sont ces caractéristiques qui m’ont convaincue de l’utiliser pour réaliser le manteau Tosti.

J’ai choisi d’utiliser un softshell bleu foncé, provenant de chez Rascol. Avant de commencer, j’ai hésité à laver mon coupon. Comme sur le site de Rascol, il était indiqué qu’un lavage à 30° était possible, j’ai tenté… Je ne suis pas certaine que cela fut une très bonne idée, car après lavage, je trouve que le côté déperlant a été altéré. Note à moi même : toujours faire un essai si j’ai un doute. 🙂

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En recevant ma commande, je fus également surprise par la souplesse de cette matière, étant donné son épaisseur. Par contre, j’ai eu un doute en superposant plusieurs couches de tissu l’une sur l’autre : il m’a semblé qu’il serait difficile d’obtenir des finitions nettes, dès que le nombre de couches cousues ensembles seraient supérieures à 2. Or mon projet, avec ses nombreux détails, comptait beaucoup de coutures multi-couches.

Pour me simplifier la tâche, j’ai choisi d’utiliser une gabardine en complément du softshell, pour toutes les parties non visibles quand le manteau est fermé.

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Par exemple, toutes les parmentures sont en gabardine, ou encore le verso des rabats des poches. Ceci m’a permis de marquer plus facilement les plis et les angles. Les surépaisseurs étant limitées, les surpiqûres furent plus simples à réaliser.

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Aux endroits où il n’était pas possible d’utiliser de la gabardine, je me suis servie du super avantage du softshell : il ne s’effiloche pas. Je n’ai donc pas hésité à réduire au maximum les marges de couture pour limiter les surépaisseurs. Par ailleurs, à chaque fois que je terminais une couture, je crantais les angles aux extrémités. Ceci m’a permis de mieux gérer les épaisseurs lors des coutures transversales (cf. schéma ci-dessous).

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De plus, le softshell ne marquant pas les plis, toutes les coutures d’assemblage ont été ouvertes (ou pliées sur un côté), puis surpiquées.

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Vous l’aurez donc compris, le nombre de surpiqûres fut conséquent. Pour les réaliser, j’ai utilisé un de mes pieds fétiches. 🙂 Normalement, il sert pour faire les ourlets invisibles. Mais avec sa barre métallique au milieu, que j’utilise comme buté ou guide (en fonction de l’endroit), je le trouve vraiment pratique pour coudre précisément les surpiqûres.

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Pour coudre mon manteau, j’ai utilisé une aiguille Jean 90. Je n’ai aucune idée si ce type d’aiguille est réellement recommandé pour le softshell, mais suite à quelques essais, elle m’a semblé être la plus adaptée.

De plus, je n’ai pas rencontré de problème particulier au niveau de l’entraînement des pièces, que ce soit du côté polaire ou softshell. Il ne fut pas nécessaire d’utiliser des pieds spéciaux, type pied à double entraînement par exemple. Par contre, étant donné le niveau d’épaisseur, j’ai eu besoin d’une cale pour mettre le pied de biche bien plan et permettre l’entraînement du tissu à chaque début de couture.

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Pour la cale, j’utilise un jeux de plaquettes, livré avec certaines machines Bernina. Je remercie ma petite maman de me l’avoir donné (les plaquettes, pas sa Bernina 😉 ), car il m’a rendu un grand service pour ce projet. Bien sûr, il est possible de créer une cale avec une lanière ou un tissu épais, mais comme ici, le niveau d’épaisseur pouvait varier d’une couture à l’autre, il suffisait de positionner l’une sur l’autre les différentes plaquettes pour obtenir facilement la bonne hauteur.

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De plus, comme les épaisseurs variaient, il a été nécessaire d’ajuster régulièrement la tension du fil. Pour cela, après quelques essais, je me suis rendue compte que j’avais besoin de l’augmenter quand le nombre de couches augmentaient. Pour quelle raison? Je ne sais pas, car à première vue, il m’aurait semblé plus logique de baisser la tension au lieu de l’augmenter.  Bref, je pense que le plus important à retenir est de faire des essais en faisant varier le nombre d’épaisseurs, afin de vérifier si un ajustement de la tension est nécessaire quand le nombre de couches change.

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Et voilà, je pense avoir fait le tour des points que je souhaitais aborder. La couture d’une matière particulière comme le softshell fut très instructive. J’ai hésité et ne regrette pas l’expérience, car elle m’a appris une chose importante : chaque matière a des inconvénients, mais aussi des avantages. Je pense qu’il est important de bien les identifier pour pouvoir adapter sa façon de coudre. Même si certaines parties furent délicates, j’ai pris vraiment plaisir à coudre cette matière. Cela m’a donné envie d’apprendre à apprivoiser d’autres matières, qu’elles soient souples, légères ou épaisses…^^

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18 réflexions au sujet de “Coudre du softshell”

  1. Super article qui tombe à pic je me posais plein de question suite à ton précédent article. J’ai dans l’idée de faire un ismagnésium pour Martin en taille 1 an pour la rentrée prochaine (oui j’anticipe) et j’étais bien tentée par ton tissu. Donc merci d’avoir pris de temps d’en parler plus longuement. Petite question, ta gabardine vient d’où? On dirais la même couleur c’est superbe

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    1. Bonjour Sandra, et merci pour ton message 🙂 La gabardine vient de chez Mondial tissus, elle est légèrement plus foncée mais dans les mêmes tons. J’ai préféré ne pas l’utiliser sur l’extérieur pour éviter les contrastes. C’est un joli projet que tu prépares 🙂

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  2. Merci pour cet article très intéressant. Est ce que cette matière est suffisamment chaude en hiver? Chez moi il fait vraiment froid pour le moment, et chez toi?

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    1. De rien 🙂 Ici les températures varient entre -1 et 3°C. Pour le moment, je n’ai pas eu froid avec (en mettant un pull ou une polaire dessous) mais je ne reste pas plus de 15 minutes d’affilée dehors. Je ne sais pas si lors d’une sortie prolongée, il serait suffisamment chaud.

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  3. Merci de partager avec nous tous tes conseils et astuces, c’est très intéressant. Je retiens l’idée du pied à ourlet invisible détourné de son utilisation.
    Des bisous

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  4. Je suis trop fan de ton manteau, et j’ai bien envie de le copier 🙂 J’avais en tête ce patron depuis un moment, et je trouve que le softshell est une super idée. Mais après l’hiver, j’aimerais avoir ton retour, est-ce que c’est assez chaud? A la base, j’aimerais me faire un manteau d’hiver… Je suis deg, j’ai un peu trop attendu avant de me décider, ils ont plus que 75cm de ton softshell chez Rascol ! Et merci pour ce super article qui me sera bien utile !

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    1. Merci beaucoup pour ton petit mot! Pour te répondre, oui il ne s’agit pas d’un manteau qui tient bien chaud comme une doudoune par exemple. Mais ça je m’en suis doutée et c’est pourquoi j’ai choisi de partir sur une taille au dessus, histoire de pouvoir ajouter une veste polaire si besoin (j’avais prévu une doublure amovible au départ, mais j’ai abandonné car mon projet était déjà bien compliqué 🙂 ) Par contre, j’ai trouvé qu’entre 5 et 10°C, il était suffisamment chaud. Pas cool pour Rascol, sinon je crois qu’il y en aussi chez Ma petite Mercerie et aussi chez Tissus actifs.

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  5. Merci pour cet article bien détaillé sur l’art et la manière de coudre du softshell. Voilà une matière que j’ai envie de coudre, plutôt que d’acheter directement un vêtement « technique »(!) chez l’ami Décat’, mais j’hésitais à me lancer dans l’inconnu, voilà qui débroussaille bien le projet!

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  6. Ah super, merci pour ces tips 🙂 Ça fait un moment que je couds et pourtant je ne me suis jamais posé la question de savoir si un autre pied serait plus pratique pour surpiquer que le pied standard. Je vais donc regarder mon pied à ourlet invisible sous un œil neuf ^^
    Et la cale j’en avais déjà entendu parlé mais je viens juste de tilter grâce à tes photos l’intérêt du truc et pourtant dieu sait combien de fois j’ai eu des départs difficiles pour cause d’épaisseur ^^
    Bref, j’en apprends tous les jours 🙂

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